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STAGE DE CONDUITE DE VOILE POUR DEBUTANTS
RAPPORT TRANSMIS A LA FFP LE 29 AVRIL 2006Date, lieu et moyen.
Péronne du 17 au 20 avril 2004
1 avion pilatus B2H4
9 parachutes équipés en SOA "direct Bag"
Stagiaires :
17 élèves issues de l'ESTACA (école d'ingénieur aéronautique)
15 garçons et 2 filles. (Dont 1 pilote privé avion et un parapentiste)
Encadrement :
1 brevet d'état FMF et 2 élèves moniteur BEES
Pour ma part, je m'en suis tenu à la formation
allant du début de la descente sous voile (après la mise en œuvre du parachute)
jusqu'à l'atterrissage. Les stagiaires moniteurs ont assisté aux cours,
briefings et débriefings et participé au guidage sous voile.
But de l'expérimentation :
Démontrer que l'apprentissage de la conduite de
voile peut être assimilée par les débutants en parallèle d'une formation chute,
et que la dissociation des deux cours se gère sans soucis.
Que la connaissance des fondamentaux de conduite de
voile est primordiale au niveau compétence, donc plaisir et sécurité pour
l'élève, en donnant très tôt une autonomie sous contrôle à chacun.
Déroulement des cours théoriques :
De type magistral devant les 17 élèves.
Après avoir fourni aux stagiaires un manuel composé
de fiches explicatives simples sur les différents facteurs intervenants dans la
conduite de voile.
Fiche N°1 - Le parachute
Fiche N°2 – Le milieu d'évolution
Fiche N°3 – La descente sous voile
Fiche N°4 – Plan de vol
Fiche N°5 – Zones d'évolutions
Fiche N°6 – Savoir se repérer
Fiche N°7 – L'atterrissage
Chaque fiche est expliquée en détail, sans entrer
dans des considérations trop techniques et précises.
Un exercice de simulation sur une zone au sol est
mis en place.
On représente un point d'ouverture, et une zone
d'atterrissage ainsi qu'un point de rendez-vous.
Chaque élève, en mimant les
gestes de conduite de voile effectue le circuit correspondant à la position
dans laquelle on l'a préalablement placé.
Le déroulement du saut se fait en utilisant tous les
arguments décrits dans la fiche du saut N°1.
1er Saut:
Force du vent : environ 5m/s
Programme prévu conforme à la fiche du saut N°1
Briefing à l'aide d'une photo aérienne.
Détermination et prise de connaissance de la part
des élèves :
-
Du point d'ouverture
-
De la zone d'atterrissage
-
Du point de rendez-vous
-
De la route virtuelle reliant ces points
Rappel des consignes de sécurités
Les élèves sont largués 2 par deux. En règle
générale, le premier groupe se situe au début du circuit d'atterrissage lorsque
le deuxième groupe est largué.
3 groupes de 2 par avion. Pour le 1er saut je gère la radio du groupe 1 et 3 et le moniteur stagiaire le groupe 2.
Une fréquence radio différente est utilisée pour le groupe 2.
Sur les 17 élèves, et malgré le stress du 1er saut assez intense pour certains, et après la mise en œuvre du parachute :
Les
réponses aux 4 premières questions ont TOUTES été positives et instantanées.
Tous
ont correctement réalisé l'exercice d'arrondis.
1
élève a réalisé à bon escient une PDS suite à des torsades excessives. Malgré
cela, il a géré sa descente sous voile (de secours) sans problème. (Le cas
avait été évoqué en cours)
3
rappels de position sans plus de précision ont été nécessaires. Les élèves ont
correctement rectifié d'eux même.
2
rappels pour cause de vent-arrière un peu longue par rapport à la consigne.
Au débriefing, tous ont parfaitement bien analysé
leur descente sous voile. Autant leurs réactions vis-à-vis de la sortie d'avion
étaient conformes à ce que l'on sait d’un premier saut, autant la descente sous
voile a été gérée d'une manière très consciente.
A noter que le direct bag, s'il apporte une
tranquillité d'esprit au moniteur quant à la vitesse d'ouverture évitant ainsi
les risques d'interférence, génère des torsades importantes sur plus de 90% des
ouvertures)
Les atterrissages se sont déroulés correctement.
Tous ont parfaitement contrôlé l'axe de leur voile, comprenant parfaitement que
sans contrôle la voile part un peu où elle veut. Cela s'est avéré pratique pour
les posés un peu désaxés par rapport au vent.
Les élèves moniteurs ont eu beaucoup de mal à se
retenir d'effectuer un guidage classique "droite - gauche". En les
obligeant à compter jusqu'à 10 avant de dire quelque chose, nous nous sommes
rendu compte que les élèves corrigeaient d'eux même leur route.
2ème Saut:
Force du vent : environ 3 à 4 m/s
Programme prévu conforme à la fiche du saut N°1
A l'issue du 1er saut, il n'apparaît pas
nécessaire de modifier quoi que ce soit dans le programme du saut.
Le briefing est le même que pour le 1 er saut.
L'exercice prévu "wing-over" est
correctement réalisé avec plus ou moins d'amplitude suivant les élèves.
Guidage radio identique.
2 élèves ont nécessité un guidage
complet pour l'atterrissage, cause : circuit trop bas. Problème lié au
point de Rendez-vous. Les 2 élèves sont ouverts loin, et malgré un retour sur
zone très correct, se sont retrouvés à 350 mètres encore loin
du point de rendez-vous. Ils ont malgré tout voulu rejoindre le circuit
d'atterrissage qui était prévu.
Pas
d'autres interventions.
Tous
atterrissages avec "Top arrondi"
Au débriefing, 3 élèves demandent à ce qu'on
matérialise le centre de la zone d'atterrissage afin de mieux
"apprécier" leur précision… !!!!!!
Tous ressentent un grand plaisir à avoir réalisé cet
exercice et déclarent pour la plupart y avoir acquis de la confiance dans leur
voile.
La compréhension du circuit est telle qu'il faut
rappeler le strict respect des consignes. Respect des règles, seuls moyens de
s'assurer de la conscience de l'élève.
3ème saut
Force du vent : irrégulier entre 3 et 5 m/s
Par rapport à la fiche du saut N°3, je précise de ne
pas attendre le contact radio pour effectuer le positionnement.
Les 4 questions sont posées en
continu.
Concernant le top arrondi radio, 13 élèves sur les
17 choisissent de s'en passer. Tous les atterrissages se passeront sans
problème. Seulement 4 déclencheront la manœuvre un peu haut, mais aucun ne
relâchera les commandes avant l'atterrissage.
L'exercice est autorisé dès la fin du contact radio.
Il s'agit d'effectuer entre 2 et 3 360° du même coté. Tous le font avec qualité
et plaisir, à différents degrés d'efficacité. Quelques-uns refont des
wing-over, après les 360°, tout cela au détriment de la qualité du
circuit. Mais cette fois, ceux qui sont
trop loin déclenchent leur circuit à la hauteur de 350 m sans attendre d'être au
point prévu., se posent loin mais en sécurité.
Un élève (déjà pilote privé) cherche à atterrir au
centre de la zone de posé. Il réalise parfaitement sa démarche, circuit
cohérent, virages calmes et bien à plat, mais trop bas par rapport aux
consignes. Remontrance au débriefing.
Les 2 filles se présentent parfaitement bien au
point de rendez-vous avec un espacement suffisant. Tandis que la 1 ère effectue un circuit main gauche correct, la 2 ème , en étape de base,
lui coupe la route pendant sa finale (hauteur estimée + ou – 80 mètres). Je n'ai pas
su intervenir, ne jugeant pas l'imminence du danger. L'action ayant eu lieu
proche de ma verticale, j'ai mal apprécié la situation. Au bilan,
un pied de la 1 ère se prend dans un caisson de la voile de la
seconde, se dégage par déchirure sur 50 cm environ. Après un flottement de très
courte durée, les deux voiles reprennent un vol normal et se posent sans
problème.
Pour les autres on note 3 arrondis un peu trop haut
mais bien contrôlés, et 4 un peu tard mais avec une position tonique. Le
contact avec le sol s'est déroulé sans soucis. Les élèves avaient été préparés
au fait que les atterrissages pouvaient être "rugueux", et que, ce
faisant il valait mieux tonifié la position et laisser ses jambes à la
verticale sous son corps que de chercher soit à quand même courir ou pire
placer les jambes devant soit. Le reste
des atterrissages a été correct.
Au débriefing j'insiste particulièrement sur :
-
Le respect des règles de priorité en précisant que lorsque le circuit
d'atterrissage est entamé, c'est le 1er en place qui a la priorité. Le 2èm se
décalera légèrement sur la droite et suivra la manœuvre sans interférer avec le
1er (Dans le cas d'un circuit main gauche)
-
Le respect des consignes de vol, et respect des exercices à effectuer. C'est le
seul moyen que nous avons, du sol d'estimer l'état de conscience de l'élève.
4ème saut
Force du vent : quasiment nul.
Par rapport à la fiche N°4, j'apporte les mêmes modifications que
pour le 3 ème en ce qui concerne la procédure radio, et le moment
d'effectuer l'exercice.
Le vent ayant tourné de 90° le positionnement en
l'air sera différent par rapport aux 3 premiers sauts qui étaient tous sur le
même axe. En plus le vent au sol est quasiment nul. Les consignes de vol (point
d'ouverture et Point de rendez-vous) sont bien précisées et impératives.
Pour les 17 élèves le saut se déroule sans problème.
Le timing de l'exercice ( un décrochage) est cette fois respecté. Quelques-uns
adaptent un peu trop leur circuit aux conditions de vent. Mais en sécurité. Les
arrondis sont correctement réalisés, 50% de réussite parfaite, 25% trop tôt et
25% trop tard. Pas pire que quand on leur donne l'ordre à la radio.
Le débriefing est aussi celui de la fin de l'expérimentation.
En
dehors du discours convenu de bonne continuation au sein de notre discipline,
je leur rappelle que vraisemblablement ils devront renouer avec un guidage plus
… classique.
Que
s'ils ont compris les principes fondamentaux de la conduite de voile, ils
auront besoin de plusieurs centaines de sauts pour en apprécier toutes les
facettes.
Qu'ils
doivent conserver, durant leur carrière, les mêmes principes de base après
l'ouverture
-
Où suis-je ?
-
Où dois-je aller
Conclusion
Pendant cette formation je me suis revu à Vannes il
y a longtemps (plus de 20 ans). Ce groupe d'élèves devant moi, c'était le même.
Les inquiétudes, les questions étaient les mêmes. L'attitude, les relations
dans le groupe par rapport au saut, tout était identique.
Pour le travail sous voile, j'ai refais, à peine
modifié, le cours que je donnais aux "Qualif Ailes" de l'époque. Nous
n'avions pas la radio…. Il fallait bien leur apprendre.
J'ai donc repris ce vieil adage : "Qu'il
vaut mieux apprendre à pêcher que de donner un poisson !"
Alors, de refaire ce cours sous le statut
d'expérimentation … J'ai trouvé ça rigolo.
Je vous livre maintenant, en vrac des réactions et
constatations relevées au cours de ces 64 sauts
- Le cours a été très bien perçu.
Le fait, pour les élèves, de conserver des fiches reprenant les points clés
permettait de mieux assimiler les détails, et de se souvenir de la
terminologie.
- La phase de répétition au sol
en grandeur réelle apporte un plus indéniable à la perception et à la mémorisation
du déroulement du saut.
- La phraséologie radio, codifiée
et définie à l'avance simplifie la communication et rassure l'élève.
- Après avoir expliqué comment
visualiser une verticale lorsqu'on est sous un parachute, aucun n'a eu de
problème avec le repérage sol.
- La technique Point d'Ouverture vers Zone d'atterrissage avec point de rendez-vous, le tout sur une
route définie est très bien assimilée, aussi bien par ceux qui sont loin comme
ceux qui sont proches.
- La tension et l'appréhension de
la sortie n'influencent pas le travail sous voile. Les deux actions ont toujours
été bien gérés..
- La connaissance de la conduite
de voile a créé un climat de confiance qui semble permettre aux élèves d'être
plus serins pour réaliser correctement la partie chute.
- Contrairement à ce qu'on pense,
les élèves sont tout à fait capable d'assimiler les 2 cours (chute et conduite
de voile) Et savent très bien les dissocier.
- ATTENTION, la prise de
conscience et de confiance génère rapidement des envies d'autonomie, qui si
elles ne sont pas forcément dangereuses peuvent "inquiéter ". Il est
donc de la plus haute importance d'insister sur le respect des consignes
S'il y a matière à expérimentation dans cette méthode, c'est sur la forme pas sur le fond où rien n'est nouveau, ni révolutionnaire.
Les moniteurs issus des disciplines non spécialisés
en PA ont des difficultés à enseigner les fondamentaux de conduite de voile.
Pour beaucoup ils l'ignorent même totalement, car les performances des voiles
qu'ils utilisent le leur permettent.
Dans le cadre de sa formation, l'élève, est prêt à
faire et assimiler ce qu'on voudra bien lui transmettre. Et je l'affirme sans
hésitation, cette technique d'apprentissage lui procure du plaisir car de la
compétence et de la confiance.
Compte rendu formation UF3
Victor LOSANTOS - Responsable FFP du stage de formation moniteur.(extrait)
La progression accompagnée conduite de voile sur quatre sauts a été mise en œuvre par Jean-Michel MAHEU qui a réalisé la formation des élevés ainsi que celle des moniteurs. Il a supervisé la prestation de guidage radio des moniteurs pendant les quatre premiers sauts et a effectué les premiers débriefings des élèves.
Placé en position d’observateur j’ai pu apprécier la pertinence de l’intervention de Jean-Michel et la qualité des résultats obtenus.Les élèves ainsi formés ont à l’issu des quatre sauts obtenu un niveau d’autonomie, de maturité et de confiance qui ne se voit habituellement que beaucoup plus tard dans la progression.
Le guidage radio a été réduit à sa plus simple expression, c’est dire à la prise de contact, les concepts de navigation ayant été assimilés sans difficulté par un groupe très réceptif.
En complément des observations de Jean-Michel j’ajouterai qu’après son départ les sauts suivants (sauts 5 et 6) se sont déroulés sans difficulté et sans avoir à intervenir à la radio, aucun élève ne souhaitant être assisté pour le poser. Sur plus d’une centaine de sauts réalisés au cours de cette expérimentation il n’y a eu aucune blessure à l’atterrissage.Le principe de la navigation a été bien intégré et les élèves ont su déterminer leurs trajectoires sans difficulté même lorsqu’ils étaient largués loin de la zone prévue.
En pièce jointe, le manuel élève modifié, et commenté à l'usage des moniteurs
